L’actualité vue par Tof

 

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La Belgique est-elle un royaume bananier ?

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Adhésion de la Turquie à l’Europe

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Le social et Propositions pour favoriser l’emploi local

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Si l’Union européenne est une bonne chose, encore faut-il que cette union nous soit profitable. Actuellement, l’Europe est totalement dépendante des diktats de l’économie mondialisée. Les coûts de production, par rapport aux pays émergents, défavorisent totalement son économie. Pour être concurrentielles, les entreprises doivent alors délocaliser. Ce qui, chez nous, détruit l’emploi. Crime qui doit être interdit par une loi !

Pour être équitable envers nos entreprises locales, que nous pouvons nous-mêmes produire. Nombre de fournitures importées peuvent être fabriquées localement. Le travail, la production locale doit être privilégié par des réductions fiscales et des crédits préférentiels.

Ce n’est pas l’investissement à l’étranger qui va procurer de l’emploi chez nous.
Il faut savoir ce que l’on veut : favoriser l’emploi loin de chez nous ou, au contraire, recréer de l’emploi local. Actuellement le gouvernement se trompe en croyant aider la création de l’emploi par la relance de la consommation. Erreur, ce n’est pas en achetant des téléviseurs en provenances d’extrême orient qui va changer quoi que soit. C’est l’inverse qu’il faut faire.

Une économie ne peut se passer de la recherche scientifique. Il faut établir une taxe réellement dissuasive sur les importations en provenance de pays extra-européens de biens de consommation, en Europe, est dérisoire. Il faut augmenter celui-ci de façon conséquente, sans quoi les chercheurs s’installeront en dehors de nos frontières.

A force d’être dépendants de la mondialisation yankee, entrepreneurs et travailleurs belges sont perdants. Dans la logique libérale, les dirigeants et les actionnaires des sociétés sont rémunérés avant les producteurs. Le système économique est devenu une entreprise financière bien plus qu’un producteur de biens. Il ne se soucie guère du chômage, ni de la question sociale.

Il est indispensable d’harmoniser la législation sociale et fiscale dans tous les pays de l’Union Européenne. Pour éviter une concurrence déloyale, tout pays européen candidat ne devrait entrer dans l’Union qu’à cette condition.

Il faut aussi relancer l’épargne en proposant des taux d’intérêts attractifs et non réduire les taux de façon ridicule comme actuellement. Baisser les taux ne fait que créer plus de crédits, qui incite à consommer plus, mais n’encourage pas à l’épargne.

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Un Etat de droit a le devoir de garantir la sécurité des citoyens

Nous entendons soumettre l’ensemble de nos propositions en matière de sécurité à un référendum populaire.

« L’hiver, sous nos latitudes, il fait nuit de bonne heure, mais on devrait pouvoir se promener tranquillement, en pleine ville, à 18 heures ! Eh bien non !
«  Un homme qui se trouvait boulevard Lambermont à Schaerbeek, en fin d’après-midi, s’est trouvé soudain entouré par un groupe de gamins âgés de 10 à 13 ans.
«  L’aîné avait un couteau à la main. Les autorités ont minimisé l’événement. Elles ont prétendu que de telles agressions par des si jeunes enfants étaient rarissimes. Hélas, tel n’est pas le cas. Même les statistiques (truquées) de la police et de la justice démentent cette affirmation . C’est tout dire ! La délinquance prend un coup de jeune. Aux âmes gangrenées, l’horreur n’attend pas le nombre des années ! »

Extrait de l’arcticle du député fédéral Filip De Man, publié dans le mensuel Vérités Bruxelloises n° 88 – février 2009.

Un Etat de droit se doit de garantir la sécurité des citoyens. La mission de la Justice est de sanctionner les agresseurs – y compris les mineurs d’âge.
En Belgique, la juridiction chargée des délinquants mineurs n’a que peu de moyens et ne peut que déférer ces individus dans des centres d’accueil qui, le plus souvent, ne disposent que d’un nombre réduit de places. En conséquence, les juges de la jeunesse les relâchent purement et simplement. Une telle impunité pousse à la récidive, voire à commettre des actes plus graves encore.
En abaissant l’âge de la majorité pénale, on donnerait à la Justice les moyens de remplir son rôle. En France, par exemple, cette majorité est fixée à treize ans. Les âmes sensibles vont hurler. Il faut néanmoins qu’elle voient la réalité en face : les jeunes sont plus précoces que naguère. En bien comme en mal.
Une autre mesure à prendre est de responsabiliser les parents de délinquants mineurs et de les sanctionner en supprimant, par exemple, une partie des allocations familiales. Il est vrai que la loi n’aide guère les parents puisque la fameuse « fessée éducative » leur est aujourd’hui interdite.

En ce qui concerne les délinquants adultes, il convient d’abroger la loi Lejeune qui permet aux condamnés de n’effectuer que le tiers de leur peine. A quoi sert une condamnation à une peine d’un nombre défini d’années de prison si, en réalité, cette peine sera fortement réduite ?
Toutes les peines prononcées doivent être accomplies. Sait-on que les condamnations à moins de huit mois ne sont pas effectuées ?
En Angleterre, un détenu qui s’évade voit sa peine augmentée. Ce n’est pas le cas en Belgique.

Une société qui ne protège pas les siens est une société décadente. Ou plutôt une dyssociété.

Tolérance Zéro

Depuis combien de temps certains députés socialistes, centristes ou libéraux parlent-ils de « tolérance zéro » en matière de criminalité ? Depuis moins d’un mois – et ce pour répondre à l’émotion suscitée par un braquage sanglant commis par une bande d’allogènes en plein cœur de Bruxelles. Suivisme ? Hypocrisie ?
Un délinquant doit être condamné à une peine minimale de trois ans ferme pour se retrouver effectivement sous les verrous. Une telle condamnation n’est prononcée que pour des délits qualifiés de graves. Les « petits » délits – en constante augmentation – restent impunis, ce qui constitue une véritable incitation à la récidive.
Les délinquants sont alors tentés de commettre des délits de plus en plus importants. La prévention seule ne suffit pas ; la répression doit en être le complément.
Ce qui révolte le plus la population, c’est justement l’impunité des criminels. Cette impunité renforce le sentiment d’insécurité et mine la confiance des citoyens en la Justice.
Pour le Front National, le premier devoir d’un Etat de droit, c’est de garantir la vie et la sécurité des personnes.

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La Mère inspiré par le poème « THE MOTHER » de P.H. Pearse.

Je ne refuse pas, Seigneur, ta volonté.
Mes grands et forts fils chéris que j’ai vu partir
Pour, dans une juste cause, tous les deux mourir.
Seigneur, je ne refuse pas leur loyauté.

Oui, les futures générations se souviendront.
Nos peuples parleront d’eux et les béniront
Mais je veux à mon propre coeur dire leurs noms,
Répéter, la nuit, solitaire, leurs surnoms.

Seigneur, pour une mère, quel dur supplice,
Mais je ne refuse pas leur sacrifice,
Car j’ai ma joie et sais, au ciel, mes fils heureux,
Puisque dans les combats ils furent courageux.

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1745-1746

publié dans Altaïr

Regarde la lande, par joncs et par bruyères,
Genets, arbrisseaux et rocailles, panachée.
Vois ces grises nuées par doux soleil tranchées.
Ecoute Eole et ses chants de guerre…

Ici souffle puissant le vent de l’histoire.
Ici, près d’Inverness, pour Dieu et pour sa gloire,
Périrent en Ecosse de fiers combattants.
Laid et bouffi, voici William L’0rangiste.
Fils de l’usurpateur, héraut des protestants,
Il dirige l’armée des anti-papistes.
Ses troupes sont fraîches, tueurs disciplinés.
Anglicans corrompus et vils clans renégats
Formes contre Alba l’ost tant et tant exécré
Du pays sur lequel Robert de Bruce régna.

Aimé des paysannes et des gentes dames,
Gentil et courageux, un prince de vingt ans
A sur la couronne des droits : Il les réclame.
Charles Edouard Stuart, nommé «le prétendant»,
Avait été bien près d’atteindre le succès;
Par France soutenu, mais avec peu d’excès,
Avec sept officiers il avait débarqué.
Quant aux «Oies sauvages», les soldats irlandais,
Par forte tempête leurs navires bloqués,
A l’heure des premiers dangers, arriveraient.

Son nom, son audace suffirent pour unir,
En quelques semaines, tous les clans catholiques.
Avec ces montagnards, il parvint à punir
Les tout premiers contingents philobritanniques.
Dans la cité de Perth, il se fit proclamer
Régent des trois pays, au nom de son père.
Dans celle d’Edimbourg, il se fit acclamer.
Mais à trop attendre son allié mercenaire
Promis par France oublieuse, il perdit du temps.
Déjà se révélaient des chefs incompétents.

Il marcha vers Londres, Carlisle, Lancaster,
Forçant la victoire plus loin que Manchester.
Dans la capitale, les banquiers et marchands
Craignaient fort la furie de ces jacobites,
Préférant le secret pouvoir qu’on commandite.
Bien avant le printemps, chacun pensait aux champs
Dans le camp des paysans de Calédonie.
Pour eux, cette guerre trop longue était finie.
Aucune explication, aucun commandement
Ne parvinrent à fléchir cet entêtement.

La retraite se fit par ailleurs en bon ordre,
Poursuivis par William, le duc de Cumberland,
On ne résista pas pour sauver les Lowlands.
Et Bonnie Charlie, malgré le désordre,
Dans un dernier sursaut, réunit ses guerriers.
Alors à Cullodem, un combat meurtrier
Opposa six mille partisans des Stuart
A plus de dix mille cavaliers et soudards.
L’idéal pour Charlie! pour Albion des canons!
Pour toujours, à l’union, l’Ecosse disait non.
Formant trois régiments, le vieux clan Mac Donald

Avait privilège païen et ancestral
De tenir dans tous les champs de combat la droite.
Mais cet honneur revient au Stuart seulement,
Famille de Charles… – Oh faveur maladroite!
Avec un splendide mais bien fou dévouement,
Les guerriers Mac Donald, dans leur indiscipline,
Chargèrent les Campbells, ennemis de toujours.
Cette fière et malheureuse action détermine
L’issue fatale du combat de ce jour.

L’épée toujours en main, dans la débandade,
Charlie courait, stimulait troupes et brigades.
Aucun assaut héroïque à la baïonnette,
Ne parvint à contenir les rouges jaquettes.
Puis vient la débâcle. Et Charlie regarda
Le champ de Cullodem : son coeur en fut brisé
Par trop de tristesse. William se dégrada:
Femmes, enfants, blessés, nul ne fut épargné!
Ivre, Cumberlam se livrait à un carnage
Qui là passe pour le plus cruel de tout âge.

Par des brigands sauvés, et puis grâce à l’amour,
Au patriotisme de la belle Flora,
Charles, dans l’île Skye, se cache de longs jours,
Attendant le bateau qui le ramènera
Vers de nouveaux complots au départ de la France.
Il y connaît espoir mais plus désespérance,
Sombre dans les dettes et même la débauche
Jusqu’au moment où la mort fatale le fauche.

Ainsi l’Ecosse perdit ses rois catholiques,
Ses us et coutumes, sa langue gaélique…

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La fin des Thuatha Dé Danan

publié dans Altaïr

Lorsque arriva le temps des ultimes combats,
Toutatis, le dieu à la roue solaire,
Condamna les géants du fond de la terre.
Alors sur l’Irlande un sort funeste tomba.

Le haut roi, Cuchuulaam à la barbe rousse,
Autour d’un cromlech réunit les guerriers.
«Braves, ranimons nos ardeurs endormies.
Contre le destin, commençons notre course»,
Leur dit-il. «Brandissons glaives et boucliers.
Notre pays a besoin d’un sacrifice.
Portons la guerre en terre ennemie.
Seul le courage vaincra le maléfice.»
Bien loin des vertes collines d’Hibernie,
De nombreuses tributs celtes combattirent.

Et tous les Thuatha Dé Danan périrent.
Mais jamais leur légende ne fut ternie
Car de la honte la vaillance les libéra.
Combien de hordes fallut-il pour séparer
Ortiagon de sa femme Chiamara,
Eux dont le pur amour resta inaltéré ?
Combien de lances pour empêcher Finula
De venger tant de bons compagnons massacrés ?
Cochombar, Dagda, d’autres aux noms ignorés,
Ces braves qui sans un regret tombèrent là.

Lorsque l’astre se levant annonça le jour,
Le roi dont le sort était de vaincre toujours
De face tout adversaire avec aisance
Fut dans le dos transpercé par une lance.
Alors les ombres de la mort l’entourèrent.
Face au soleil, éclata le rire de Cuchuulaam,
L’ultime joie de ce géant sur terre,
Dieu craint des colonnes d’Hercule à Elam.

Une dernière baignade, les gestes incertains.
Puis la mort debout, lié au chêne du destin…
Et Occian, le dernier chantre survivant,
Conta la gloire d’Erin pays des géants.

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Pierre Joubert

Jean-Louis Foncine, Henri Verne ? Les collections de livres pour adolescents « Signe de Piste » et « Marabout Junior » ? Si, dans vos jeunes années, vous n’avez eu l’occasion d’admirer ni les illustrations de Joubert ni de lire les ouvrages publiés par les Editions Alsatia, je ne puis que vous plaindre amèrement… et vous engager à acheter chez les bouquinistesces livres mythiques.
Je dois néanmoins vous prévenir : la cote de ces volumes augmente d’année en année. Si l’on trouve certains romans pour quelques euros, les livres les plus rares (et en bon état) peuvent atteindre les 50, voire les 100 euros. Quant aux ouvrages de la collection « Marabout Junior », on les trouve pour un prix dérisoire. Ceux dont le héros est Bob Morane (Henri Verne) ne dépassent guère deux ou trois euros.

Enthousiasmé par les dessins de Joubert, passionné par les écrits des auteurs « Signes de Piste », Alain Gout (collaborateur des numéros spéciaux de La Fusée, réalisateur d’interviews de Dalens et Foncine, et auteur aux Editions Universitaires d’une Histoire
des Maîtrises en Occident), redonne vie à l’ancienne collection. Une autre tâche d’envergure est la réalisation, aux éditions Delahaye, de sept albums reprenant l’ensemble des illustrations de Joubert. Quatre sont parus à ce jour. Les trois premiers concernent la collection « Signe de Piste », le dernier la collection « Marabout Junior ».
Alain Jamot, le critique résumant les romans, offre un éclairage latéral sur les écrivains cités. A la lecture de ce spécialiste enflammé, on comprend qu’à  l’origine de leur évolution politique, les auteurs S.D.P. se confinaient dans une position proche de celle de Baden Powell et défendaient des valeurs telles que l’amitié, le goût de l’aventure, la fidélité, l’honneur, le patriotisme. Souvent issus de milieux royalistes, les auteurs S.D.P. des premiers romans fréquentent peu les mouvements politiques. Ils sont catholiques. Les parents des jeunes héros sont souvent des officiers (ce qui les met à l’abri des problèmes financiers).

Le premier qui s’engagera en politique est Pierre Joubert. Il sera attiré par les positions sociales défendues par la première Action Française et rejoindra les rangs des Camelots du Roy. Le 6 février 1934, il sera assommé par un garde mobile à proximité de la place de la Concorde et brièvement hospitalisé. Après le second conflit mondial, scandalisé
par le manque de programme social de l’« extrême droite », il portera ses regards vers le parti socialiste. Ulcéré par le sectarisme du bourgmestre socia-ldémocrate de Mons qui, en 2000, annula une exposition de l’artiste, voyant dans l’oeuvre une « apologie du fascisme », il abandonnera tout souci politique.
Mais revenons au texte d’Alain Jamot. Et découvrons Pierre Labat : « Nostalgie de la vision médiévale de la société et de son cortège de fidélités, fascination pour la mécanique, les transmissions et la modernité d’alors, confusion dangereuse entre les désastres coloniaux français et le devenir européen… Le doute idéologique plane en permanence et les héros de Labat pourraient indifféremment mourir à  Dien Bien Phu, s’enrôler dans l’O.A.S. « métro » ou partir en Afrique avec une ONG – selon les époques et les circonstances ». Et peut-être Labat était-il plus « sulfureux » encore…
Dans Conrad, on découvre aussi l’ambiance dramatique de l’Allemagne vaincue (fantasmes de complots sur fond de résurgence nazie, création du Wehrwolf). Les héros français de ce roman passeront outre à l’interdiction de fraterniser avec la population allemande… Alors, Labat « fasciste » ? Probablement pas ! Mais l’amitié et l’honneur resteront toujours des énigmes pour les bien-pensants.

 

Présentons maintenant les autres auteurs de la collection S.D.P.                             Jean-Louis Foncine (nom de plume d’Henri Lamoureux), né en 1912, rencontre Pierre Joubert dans le courant des années 20. Il devient chef de troupe scoute en 1930. Il effectue son service militaire à Sélestat, où il fera la connaissance d’Yves de Verdilhac – plus connu sous le pseudonyme de Serge Dalens. Foncine, décoré de la Croix de Guerre 39-40, s’inspirera de ses aventures militaires lors de la rédaction de plusieurs ouvrages (Le Glaive de Cologne, La Bande des Ayaks,…). Au début des années 80, il s’intéressera aux travaux du Groupement d’Etude et de Recherches pour la Civilisation Européenne, qualifié de « Nouvelle Droite ». Il nourrissait également une passion pour Drieu la Rochelle et était membre de l’association des amis de cet écrivain. Cette sympathie polico-littéraire, digne d’un révolutionnaire authentique, avait déjà provoqué, lors de la parution en 1938 de son premier roman, La Bande des Ayaks, un scandale dans les milieux scouts et catholiques. Groupes d’enfants et d’adolescents contestant l’ordre des adultes, truculence du langage à  des années-lumière des autres livres scouts, laissaient présager ce comportement anticonformiste.
Le prince incontesté de la littérature scoute du XXe siècle fut lui aussi un nationaliste. Ce seigneur portait le nom de plume de Serge Dalens (1910-1998). Magistrat de profession, il est surtout connu pour son chef-d’oeuvre : la saga du Prince Eric. Il avait découvert le scoutisme peu après la Première Guerre mondiale, alors que son père, colonel de l’armée
française, était en garnison à Mayence. Il rencontra Pierre Joubert en 1932. Ils vont élaborer ensemble le scénario du Bracelet de Vermeil, premier volume des aventures du Prince Eric. Suivront – sous la signature du seul Dalens ou en collaboration avec Foncine – un nombre impressionnant d’ouvrages. Héros de guerre comme Jean-Louis Foncine, il fut dans las années 50 fortement agacé par le racisme antiallemand qui émanait alors des milieux de résistants de la dernière heure. Ceux-ci lui reprochaient d’avoir présenté des adolescents allemands sous des traits « trop humains ». Or son intelligence, sa noblesse et sa générosité ne l’incitaient qu’à prôner l’amitié entre les jeunesses d’Europe… Durant les années 90, Dalens, monarchiste et catholique de tendance traditionnelle, rejoindra le Front National et sera nommé président de sa commission justice et sécurité.
Il serait dommage de ne pas raconter Aventure au Katanga de Jean-Paul Jacques. Ecoutons Alain Jamot : « Un des plus célèbres « Signes de Piste » par le scandale qu’il provoqua… Le récit se situe à  l’époque de la sécession katangaise, dans l’ex-Congo belge. Il narre l’indépendance vue par deux scouts, un Blanc et un Noir, liés par une solide amitié. L’essentiel du roman consiste en une longue odyssée en pleine brousse. (…) Décidés à aider le nouveau président katangais qu’ils viennent de rencontrer, les deux héros se mettent en tête d’intercepter un officier suédois des Nations Unies. Ils le tueront d’une flèche ». (L’auteur ne semble pourtant n’avoir jamais mis les pieds au Katanga… l’emploi par un jeune blanc de l’insulte « bougnoule » visant l’un de ses frères scouts noirs étant inusitée par les Belges du Congo.)
La collection S.D.P. n’était-elle que le portevoix d’auteurs royalistes, nationalistes ou réactionnaires ? Certes non. Le volume de A.G. Chaberlain, José-Mohamed, en témoigne. « Ce livre, publié en 1955, au début de la guerre d’Algérie, propose une analyse de la société algérienne ahurissante ; le racisme, l’injustice sociale, le poids des traditions imprègnent le roman » nous dit Jamot. En témoigne encore Passeport pour Israël et Joël sous les Etoiles, ouvrages philosémites.

Plus condensé, l’album intitulé L’Aventure Marabout est axé sur les dessins de Joubert (417 gouaches).
Constituée essentiellement de récits de guerre, de westerns et de romans d’aventure (dont les immortels Bob Morane), la collection Marabout Junior est un véritable trésor pour une jeunesse éprise de courage et de grandeur. Regrettons seulement que l’album ne parle pas de l’illustrateur des pages intérieures des volumes Marabout : le sympathique Dino Attanasio.
Parmi les identitaires, de nombreux cœurs se souviennent de ces oeuvres. Elles les ont fait rêver. Elles ont souvent guidé leurs premiers pas vers le patriotisme et l’amour de l’Europe.

♦ Les trois tomes honorant Pierre Joubert portent le titre : 70 ans d’Illustrations pour Signe de Piste. Le quatrième s’intitule L’Aventure Marabout. Chaque volume est vendu 36 euros.
Pour tout renseignement : www.carnet2bord.com

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Macha-Maca

Paru dans Renaissance Européenne – 2006

De nombreux lecteurs de notre revue m’ont fait part de leur intérêt pour l’Irlande. Le sentiment d’enracinement des populations de cette île, les luttes acharnées des habitants de l’ancienne Hibernie pour garder identité et religion suscitent la curiosité des gens attachés aux traditions.

Par facilité de logement (une partie de ma famille étant irlandaise) mais aussi par attachement à la culture et au climat (je déteste les pays chauds), je passe chaque année une semaine ou deux en Irlande. Si voici vingt ans la vie y semblait immuable, les dernières années ont complètement transformé les villes et les paysages. Partout de nouveaux immeubles, des zones économiques, des autoroutes en construction… Un enrichissement spectaculaire de la population contente les amis d’Erin. Malheureusement, si les responsables locaux ont bien œuvré en matière économique en ouvrant le pays à l’Europe et à ses subsides (tout en ne taxant pas trop le travail et en favorisant un enseignement de qualité), le miracle a son revers. L’immigration, inconnue voici à peine vingt ans, devient ici comme dans toute l’Europe un fléau négligé par les politiciens. D’autre part, si chaque Irlandais semble vouloir construire son « petit château », les nouvelles demeures restent désespérément vides d’enfants. Il n’est pourtant pas loin le temps ou les familles très nombreuses étaient la norme sur l’île tout entière.

Il ne faudrait pas croire pour autant qu’un vaste supermarché aurait remplacé ce vert pays de luttes et de courage. La musique, la peinture, la sculpture demeurent des remparts puissants face à la mondialisation. C’est souvent dans l’histoire et les légendes que les artistes trouvent leurs inspirations. Pour prouver que le monde ancien influence encore certains Irlandais, je veux ici vous racontez ma rencontre avec la déesse Macha-Maca.

Après avoir visité l’abbaye de Sligo, construite au XIIIe siècle par un moine dominicain du nom de Fitzgerald, je déambulais dans la ville.

A l’emplacement d’une boutique que j’avais connu jadis comme étant une boucherie, je reconnus l’étalier métamorphosé en sculpteur sur bois. Je m’apprêtai à le photographier. L’homme bougon m’enguirlanda.

-   Pas de photos ici, je ne suis pas une bête de cirque . La remarque ne me fâcha pas. Au contraire, elle me fit penser à la chanson du Docteur Merlin : «  Tu avais au côté, ridicule, un Nikon javanais, molécule, et tu parlais anglais, tentacule ». Je rentrai plus profondément dans l’antre du drôle. – Puis-je voir ce que vous faites ?

- De quelle nationalité êtes-vous ? me demanda-t-il.

- Belge . – Alors, ça va . Je suis justement en train de sculpter une déesse Fur Bolt.

- Je connais les Fur Bolts, ce peuple occupait l’île avant l’invasion des Celtes venus

de Bretagne et de Galice, mais je ne vois pas le rapport avec les Belges » dis-je.

- Sachez, monsieur, qu’il y a fort longtemps, dans l’ancienne langue indo-européenne qui couvrait plus ou moins tout le nord de notre continent, Fur était un pronom, et que Bolt et Belge ont la même racine. Les anciens Irlandais et les ancêtres des Gaulois de Belgique sont fort probablement un seul et même peuple.

Mince, j’étais tombé sur un savant. L’affaire n’intéressait. Mais voyons d’abord, qui est cette déesse. Macha-Maca est la mère du pays de Cire. Elle a donné son nom à la ville de Armach (Ars-Maca), haut lieu de la déesse et de sa sœur jumelle, Comain-Maca. Macha-Maca est connue à Sligo comme « la porteuse des rêves ». Celles qui amène les humains par une spirale à Aisling. Dans ce lieu mythologique de réflexion, ils peuvent se rendre compte des aspects animaux et opposés de la déesse.

Sanglier en été, elle devient loup lorsque celui-ci la dévore à la fête d’Halloween. A l’équinoxe de printemps, c’est le sanglier qui terrasse le loup et Macha-Maca reprend sa forme porcine. Pour montrer la supériorité du sanglier, la statuette dont je vous parle montre ce seigneur des forêts terrassant le responsable des maux de la terre : le saumon-dragon.

Macha-Maca, déesse guerrière, est souvent représentée à cheval noyée par une forte végétation. En effet, elle est mère de la floraison. Sur la statuette, un autre personnage est invoqué. Il s’agit de Cromm. L’amant de Macha-Maca est le dieu de la Terre , des racines et des traditions. Voici pourquoi il occupe sur la sculpture une position centrale.

L’ancien boucher n’était pas commerçant. J’ai pu lui acheter son œuvre à condition de revenir la semaine suivante. Il conservait l’amour du travail bien fait et ne tenait pas à se presser.

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