DN Démocratie Nationale

De nombreux lecteurs de notre revue m’ont fait part de leur intérêt pour l’Irlande. Le sentiment d’enracinement des populations de cette île, les luttes acharnées des habitants de l’ancienne Hibernie pour garder identité et religion suscitent la curiosité des gens attachés aux traditions.

Par facilité de logement (une partie de ma famille étant irlandaise) mais aussi par attachement à la culture et au climat (je déteste les pays chauds), je passe chaque année une semaine ou deux en Irlande. Si voici vingt ans la vie y semblait immuable, les dernières années ont complètement transformé les villes et les paysages. Partout de nouveaux immeubles, des zones économiques, des autoroutes en construction... Un enrichissement spectaculaire de la population contente les amis d’Erin. Malheureusement, si les responsables locaux ont bien œuvré en matière économique en ouvrant le pays à l’Europe et à ses subsides (tout en ne taxant pas trop le travail et en favorisant un enseignement de qualité), le miracle a son revers. L’immigration, inconnue voici à peine vingt ans, devient ici comme dans toute l’Europe un fléau négligé par les politiciens. D’autre part, si chaque Irlandais semble vouloir construire son « petit château », les nouvelles demeures restent désespérément vides d’enfants. Il n’est pourtant pas loin le temps ou les familles très nombreuses étaient la norme sur l’île tout entière.

Il ne faudrait pas croire pour autant qu’un vaste supermarché aurait remplacé ce vert pays de luttes et de courage. La musique, la peinture, la sculpture demeurent des remparts puissants face à la mondialisation. C’est souvent dans l’histoire et les légendes que les artistes trouvent leurs inspirations. Pour prouver que le monde ancien influence encore certains Irlandais, je veux ici vous racontez ma rencontre avec la déesse Macha-Maca.

Après avoir visité l’abbaye de Sligo, construite au XIIIe siècle par un moine dominicain du nom de Fitzgerald, je déambulais dans la ville.

A l’emplacement d’une boutique que j’avais connu jadis comme étant une boucherie, je reconnus l’étalier métamorphosé en sculpteur sur bois. Je m’apprêtai à le photographier. L’homme bougon m’enguirlanda.

-   Pas de photos ici, je ne suis pas une bête de cirque . La remarque ne me fâcha pas. Au contraire, elle me fit penser à la chanson du Docteur Merlin : «  Tu avais au côté, ridicule, un Nikon javanais, molécule, et tu parlais anglais, tentacule ». Je rentrai plus profondément dans l’antre du drôle. - Puis-je voir ce que vous faites ?

- De quelle nationalité êtes-vous ? me demanda-t-il.

- Belge . - Alors, ça va . Je suis justement en train de sculpter une déesse Fur Bolt.

- Je connais les Fur Bolts, ce peuple occupait l’île avant l’invasion des Celtes venus

de Bretagne et de Galice, mais je ne vois pas le rapport avec les Belges » dis-je.

- Sachez, monsieur, qu’il y a fort longtemps, dans l’ancienne langue indo-européenne qui couvrait plus ou moins tout le nord de notre continent, Fur était un pronom, et que Bolt et Belge ont la même racine. Les anciens Irlandais et les ancêtres des Gaulois de Belgique sont fort probablement un seul et même peuple.

Mince, j’étais tombé sur un savant. L’affaire n’intéressait. Mais voyons d’abord, qui est cette déesse. Macha-Maca est la mère du pays de Cire. Elle a donné son nom à la ville de Armach (Ars-Maca), haut lieu de la déesse et de sa sœur jumelle, Comain-Maca. Macha-Maca est connue à Sligo comme « la porteuse des rêves ». Celles qui amène les humains par une spirale à Aisling. Dans ce lieu mythologique de réflexion, ils peuvent se rendre compte des aspects animaux et opposés de la déesse.

Sanglier en été, elle devient loup lorsque celui-ci la dévore à la fête d’Halloween. A l’équinoxe de printemps, c’est le sanglier qui terrasse le loup et Macha-Maca reprend sa forme porcine. Pour montrer la supériorité du sanglier, la statuette dont je vous parle montre ce seigneur des forêts terrassant le responsable des maux de la terre : le saumon-dragon.

Macha-Maca, déesse guerrière, est souvent représentée à cheval noyée par une forte végétation. En effet, elle est mère de la floraison. Sur la statuette, un autre personnage est invoqué. Il s’agit de Cromm. L’amant de Macha-Maca est le dieu de la Terre , des racines et des traditions. Voici pourquoi il occupe sur la sculpture une position centrale.

L’ancien boucher n’était pas commerçant. J’ai pu lui acheter son œuvre à condition de revenir la semaine suivante. Il conservait l’amour du travail bien fait et ne tenait pas à se presser.

©Copyright 2005 Patrick Cocriamont DN

LA Démocratie Nationale s'est consacré depuis sa naissance à ceux qui, sans cesse plus nombreux, nourrissent le rêve d'une paix continentale millénaire, appuyée sur une fraternité immense. Une fraternité aussi vaste que les desseins grandioses des empereurs romains, de Charlemagne et de Charles Quint.  Un idéal qui prémunit définitivement les terres de nos peuples européens contre les invasions.

Ce rêve d'un grand empire eurosibérien, que les pusillanimes irresponsables qualifient de déraisonnable, les puissances maritimes, ennemies du vieux continent, y croient. Elles en redoutent la concrétisation. Pour écarter d'elles la menace de cette Grande Europe qui les marginaliserait, elles déploient tous leurs efforts pour affaiblir les Européens.  Elles s'appliquent à les dresser les uns contre les autres et à favoriser les poussées colonisatrices de l'Islam. 

Dans cette aspiration à une Grande Europe stabilisatrice, viennent s'inscrire parfaitement tous les regroupements d'entités et d'identités régionales et nationales, et ce à chaque fois qu'elles peuvent trouver un commun intérêt à cultiver entre elles des affinités - occasionnelles ou épisodiques ou, au contraire, anciennes et profondes.

Cet appel mystique à une fédération impériale des enracinements locaux, régionaux et nationaux des patries charnelles de l'espace eurosibérien ne pouvait trouver de plus juste résonance que dans la pensée d'un visionnaire comme Jean Thiriart (dans les années soixante) et dans celle de Pierre Vial (fondateur de l'organisation Terre et Peuple). On retrouve aussi cette aspiration dans de nombreux mouvements et partis politiques sociaux et identitaires.

LA Démocratie Nationale juge toutefois primordial de souligner que, sur nos terres et entre nos peuples, l'unité n'est concevable que dans le respect des différences, car l'essence même de la culture européenne, c'est la liberté. Cette liberté que nous voyons à présent si menacée et que nous nous faisons un devoir sacré de défendre...

Pour qui ? Pourquoi ?

Patrick COCRIAMONT

Paru dans Renaissance Européenne - 2006

Macha-Maca