
Paru dans le Soir du 6 juin 2006
Cocriamont et le FN fondent sur Charleroi
C'est un poids lourd de l'extrême droite qui fond sur la métropole sambrienne : Patrick Cocriamont , considéré comme l'idéologue du Front national , occupera la tête de la liste communale à Charleroi. Le député wallon Charles Petitjean a confirmé l'information évoquée récemment par Vers l'Avenir et Le Soir Magazine.
La liste frontiste, en préparation, serait bien avancée. Avec des gens en mesure de siéger, annonce le député régional. C'est que les résultats des récents scrutins et sondages promettent un dimanche noir à la métropole : aux élections régionales de 2004, le FN avait récolté 16,86 % sur le canton de Charleroi (qui correspond au territoire de la Ville), tandis qu'un récent sondage de Vers l'Avenir le pointait à 13,6 %. Au début de l'automne, le parti d'extrême droite pourrait devenir la deuxième formation de la métropole, avec une dizaine d'élus communaux.
La Ville ne pourrait plus alors lui refuser le statut de groupe et certains avantages attenants. Et le FN pourrait faire son entrée dans certains conseils d'administration. Avec à la tête du groupe FN un Cocriamont, la donne promet d'être fort différente de l'actuelle, où seul Jean-Pierre Borbouse fait acte de présence au conseil communal, les deux autres mandataires démissionnaires n'ayant pu être remplacés, faute de volontaires.
Des listes frontistes présentes sur tout l'arrondissementLes préparatifs vont bon train. Et ils ne se limitent pas à Charleroi. Le FN dit en effet être pratiquement en mesure de présenter des listes dans les quatorze communes de l'arrondissement, ainsi que dans certaines communes voisines des arrondissements limitrophes. Bluff ? Possible.
Le risque de voir plusieurs élus frontistes occuper les bancs des conseils communaux du Pays noir est pourtant bien réel. En 2000, le FN avait déjà glané un siège sur Farciennes. Cette fois, pour peu que les résultats de 2004 se confirment, d'autres communes pourraient connaître une situation similaire à celle de Charleroi. Sur le canton de Châtelet, le Front national avait obtenu 13,41 %, pour 12,59 % sur celui de Fontaine-l'Evêque et 11,54 % sur celui de Seneffe.
Dans le contexte actuel - scandales à répétition et crise du Parti socialiste, qui pourrait se voir sanctionné par une partie de son électorat à travers un vote protestataire -, la carte politique de l'arrondissement de Charleroi pourrait bien être parsemée de gros points noirs au soir du 8 octobre.
Avec le risque, pour les partis démocratiques, de voir le débat communal pollué par les propos de ce parti réceptacle du désarroi démocratique.
P.Lt
Le Front National s'est consacré depuis sa naissance à ceux qui, sans cesse plus nombreux, nourrissent le rêve d'une paix continentale millénaire, appuyée sur une fraternité immense. Une fraternité aussi vaste que les desseins grandioses des empereurs romains, de Charlemagne et de Charles Quint. Un idéal qui prémunit définitivement les terres de nos peuples européens contre les invasions.
Ce rêve d'un grand empire eurosibérien, que les pusillanimes irresponsables qualifient de déraisonnable, les puissances maritimes, ennemies du vieux continent, y croient. Elles en redoutent la concrétisation. Pour écarter d'elles la menace de cette Grande Europe qui les marginaliserait, elles déploient tous leurs efforts pour affaiblir les Européens. Elles s'appliquent à les dresser les uns contre les autres et à favoriser les poussées colonisatrices de l'Islam.
Dans cette aspiration à une Grande Europe stabilisatrice, viennent s'inscrire parfaitement tous les regroupements d'entités et d'identités régionales et nationales, et ce à chaque fois qu'elles peuvent trouver un commun intérêt à cultiver entre elles des affinités - occasionnelles ou épisodiques ou, au contraire, anciennes et profondes.
Cet appel mystique à une fédération impériale des enracinements locaux, régionaux et nationaux des patries charnelles de l'espace eurosibérien ne pouvait trouver de plus juste résonance que dans la pensée d'un visionnaire comme Jean Thiriart (dans les années soixante) et dans celle de Pierre Vial (fondateur de l'organisation Terre et Peuple). On retrouve aussi cette aspiration dans de nombreux mouvements et partis politiques sociaux et identitaires.
Le Front National juge toutefois primordial de souligner que, sur nos terres et entre nos peuples, l'unité n'est concevable que dans le respect des différences, car l'essence même de la culture européenne, c'est la liberté. Cette liberté que nous voyons à présent si menacée et que nous nous faisons un devoir sacré de défendre...

